De tous temps terre de conquête pour l’homme, les Landes de Gascogne se révèlent en trois voyages, selon trois éléments et trois axes…
Le premier voyage démarre aux sources de la Leyre. Le long de ce fleuve, surnommé la « Petite Amazone », on navigue sous le couvert d’arbres retournés à l’état sauvage tel un interminable tunnel végétal. Le voyageur est invité à accompagner cette eau, d’Est en Ouest, vers un delta de près de 3000 hectares. Cette « petite Camargue » qui mêle ses eaux avec celles du bassin d’Arcachon est un havre de paix pour nombre d’espèces animales ou végétales. Le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne s’est engagé dans un travail de protection de ces sites d’eau. Cela passe, entre autres, par l’inventaire des sites remarquables ainsi que de la diversité de la faune et de la flore.
Le deuxième parcours que proposent les terres du PNR des Landes, lui s’oriente du Nord au Sud. Régulièrement parcourues par l’interminable flot des pèlerins de Compostelle, les Landes furent longtemps l’épreuve redoutée que l’on traversait « en s’enfonçant jusqu’aux genoux dans le sable marin qui est là envahissant ». Itinéraire jalonné d’innombrables fontaines, témoignages concrets de cette ferveur populaire millénaire, la pierre se retrouve aussi dans les chapelles romanes, étapes de repos pour les âmes et les corps éreintés. Dans ce désert de sable, ces monuments taillés dans une pierre provenant souvent de lointaines carrières, marquent les Landes au fer rouge de la persévérance de l’homme. Le PNR a entrepris, ici, un long travail de restauration de ces témoignages du Passé.
Le dernier périple auquel les Landes de Gascogne invitent le voyageur est une traversée du temps, au gré des différents visages que pris la lande, au fur et à mesure de sa lente domestication. Voyage avec le sable de l’ancienne lande, étendue désertique parsemée de quelques arbres, restée longtemps sans chemins. Puis parcourons l’airial, prairie gagnée sur les zones humides et tant bien que mal stabilisée. Cet airial, avec ses bâtiments d’habitation et d’exploitation, ses vastes pelouses sans clôtures, a donné l’image pastorale la plus populaire des Landes avec son berger perché sur ses échasses.
Ce voyage dans le temps prend fin avec la compréhension des impératifs de l’exploitation moderne de la lande. La lande doit ménager les exigences des grands domaines agricoles ainsi que celles de la forêt contemporaine, immensités de pins plantés au XIXème, qui représentent la majeure partie du territoire du parc. Cette forêt, moteur d’une importante filière sylvicole, et cette agriculture industrielle sont également étroitement liées avec, par exemple, le rôle de « coupe-feu » que jouent les immenses champs en cas d’incendie de forêt. Et pourtant, les dernières parcelles de la lande sauvage et l’airial pastorale sont à conserver coûte que coûte pour le témoignage de ce passé si particulier qui ont vu œuvrer des noms tels que Vauban ou Napoléon III. Là, encore le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne a trouvé toute sa justification dans un rôle de médiateur, son bras armé des compétences de ses scientifiques agronomes qui se sont donné pour mission la conciliation des intérêts des multiples visages des Landes.
Ce projet de scénario sur les Landes montrera tout le travail des équipes qui œuvrent pour la préservation d’espaces naturels fragiles et l’imagination développée pour trouver des solutions innovantes. Métiers, passions et compétences diverses, ce sont ces portraits qui feront le film.
© Olivier Parent










