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La Science Fiction, genre noble de la littérature spéculative !

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samedi 26 juin 2010, par Zadig Piqueboeuf
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Bien des scientifiques de haut niveau, comme Stephen Hawking, avouent avoir aimé les sciences après avoir été de bons lecteurs d’ouvrages de sciences fiction. Je ne sais pas si on pourra en dire autant dans les décennies à venir. La majorité des livres offerts au public s’apparente avec le développement de l’héroïque fantaisie plus aux contes de fées pour adultes qu’à des ouvrages de portée spéculative. Ces ouvrages qui font fit de tout principe de réalité exaltent un romantisme, une drogue qui, en nous permettant de nous évader du réel, nous abattissent encore plus. Le merveilleux sauve le héros, la foule, le monde, l’univers. Tout devient simple jusqu’au simplisme. L’évasion onirique nous fait passer pour des anges, et les héros pour des Dieux. Pourtant, toute cette exaltation reste à notre disposition sans pour autant nous égarer dans les chimères des vampires qui envahissent nos nuits et celles des elfes qui ressuscitent nos morts. Où ? Mais dans les ouvrages de science fiction !

C’est dans ces ouvrages que John Brunner montre comment des hackers tiennent à distance des gouvernements corrompus dans les années 1950 avec « Sur l’Onde de Choc » et, William Gibson dans les années 1970, les risques d’être immergé complètement dans la simulation ou la RV (pour réalité virtuelle) avec « Neuromancien ». Encore de la vraie SF lorsque Arthur C. Clarke, scientifique et écrivain, décrit le premier voilier solaire en 1963 « Le Vent qui vient du Soleil » paru chez Press Pocket en 1983 en France. Avec « Dune », Frank Hébert, montre dès le début des années 1965 le travail de religieuses généticiennes et l’influence considérable que peut avoir le spirituel sur le temporel. Quand je pense qu’Isaac Asimov a rédigé les premières lois sur la robotique avant même que ce mot soit connu du grand public ! Quand, enfin, je visite le musée de Michel Ange qui a su si bien marier l’imaginaire, le sens de l’observation scientifique et l’expérimentation, je comprends pourquoi la science fiction, la vraie, incarne les saines exaltations de l’aventure scientifique et de l’imaginaire de l’humanité. La pensée spéculative accompagne toute hypothèse développée dans un vrai livre de science fiction. C’est à dire un livre qui contient de la vraie « science ». Celle qui cultive, surprend et captive. Puis de la vraie « fiction », c’est à dire qui propose une spéculation des emplois, des dérives possibles ou… impossibles de cette science que nous craignons le plus souvent par ignorance. Lorsque John Brunner, dans « Le troupeau Aveugle » nous apprend les mécanismes de la pollution et de l’empoisonnement des aliments dans le début des années 1975 ; il fait plus qu’un livre. Il nous alerte sur les dérives possibles de notre société de la consommation inconsciente. La science fiction ne suit pas la science : elle la précède. Les rayons de la mort ont précédé de loin les applications des lasers. C’est si vrai, que de plus en plus d’organisations gouvernementales font appel aux auteurs de sciences fiction pour réfléchir sur des stratégies technologiques alternatives. Par exemple la NASA a bien utilisé ces spécialistes pour arriver à la conclusion qu’elle devait limiter les vols habités au bénéfice des vols robotisés. Les spécialistes de la spéculation scientifique sont d’accord. L’homme ne s’arrachera pas de sa boule de terre, sauf à profondément modifier sa morphologie et sa composition organique. Ce seront des robots qui feront le voyage et le travail. La « Guerre des étoiles » de nos écrans de cinéma en s’affranchissant des terribles contraintes temporelles du voyage dans l’espace n’offre rien qui nous incite à la réflexion, ni ne compose un matériau propice à la compréhension de notre monde qu’il infantilise, ni de notre univers qu’il peuple d’humains imbéciles. Les plus grands savants ont ce germe qu’on appelle l’imagination, la capacité à prendre des chemins de traverse qui s’avèrent être parfois des voies de recherche prometteuses parce qu’ils ont accompli ce pas qui relie la science à la fiction pour aboutir à l’hypothèse fructueuse. Les écrivains de science fiction ont le pouvoir de prendre leur temps et leur aise pour laisser vagabonder leur imaginaire sans contrainte, au gré de leur fantaisie et de leurs centres d’intérêts. Les plus rigoureux d’entre eux font un travail de documentation et des réunions de travail approfondies avec des scientifiques de renom qui acceptent volontiers de se prêter au jeu de la validation de certains concepts scientifiques plus ou moins solides. Déjà, Jules Verne, qui voyageait peu, se documentait rigoureusement avant de se lancer dans l’écriture. Les livres de sciences fiction ne sont pas un genre mineur, bien au contraire. On vous cache le futur avec de fausses réalités fabriquées par des industries des médias au service des gouvernements, de grandes entreprises ou d’organisations religieuses puissantes et influentes. Notre société est sous l’influence grandissante de machines à faire rêver. Si vous lisiez régulièrement des ouvrages de SF, vous seriez plus malins, mieux informés, plus imaginatifs et à l’aise pour évoquer des hypothèses surprenantes à priori. On vous le cache, disais-je car, ceux qui persistent à ne vouloir que du merveilleux sont plus malléables et crédules que ceux qui apprennent à allier la rigueur scientifique et l’imaginaire, c’est à dire la pensée spéculative. On parle beaucoup de « clonage » en ce moment. Combien ont lu les ouvrages de science fiction de Herbert ou de Crichton qui traite dans leurs livres de plusieurs scénarios et dérives possibles de cette pratique scientifique controversée mais sans doute moins terrible que le livre d’Herbert qui raconte comment se développe le trafic d’organes dans les pays qui ont refusé le clonage thérapeutique. En humanisant la science, en participant à la vulgarisation des grandes idées scientifiques de leurs époques, en participant aux débats d’idées souvent difficiles et parfois invraisemblables, les auteurs de SF sont pour moi les maîtres du monde. Pourquoi ? Parce qu’ils le façonnent et, en l’imaginant dans leurs livres, lui donne déjà une première réalité universelle.

samedi 26 juin 2010, par Zadig Piqueboeuf
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