Les chantiers spatiaux General Orbital, filiale du consortium international Mergin Vittal, ont annoncé, en début de semaine, la signature d’un important contrat avec la compagnie European Space Lines (ESL). La conférence de presse donnée par les dirigeants des deux entreprises concernées s’est déroulée dans le grand hall flambant neuf du dernier terminal mis en service, au port spatial de Libreville, au Gabon.
Cette signature annonce le lancement de la construction d’un nouveau paquebot spatial sous pavillon européen. Après le Queen Star et l’Atlantic Star, tous deux hommages aux geants transatlantiques de la première moitié du vingtième siècle, le nouveau bâtiment devrait arriver au service de l’ESL au cours de l’été 2063. Il pourra alors embarquer vingt-deux passagers pendant vingt jours. Les touristes spatiaux auront onze cabines doubles à leur disposition. Les actuels vaisseaux n’en comptent que six. Le nouveau bâtiment est très attendu car, depuis vingt ans, le marché du tourisme spatial est en pleine expansion et est très disputé. Les acteurs se bousculent pour s’emparer des parts d’un marché dont la croissance pourrait atteindre rapidement une saturation technique : les voyages spatiaux ne sont pas anodins, d’autant que les destinations, elles, ne soient guère variées : à ce jour, il n’existe que deux choix : les orbites terrestres ou lunaires.
Le choix du nom du nouveau venu a également participé à l’effervescence autour de cette annonce : il semblerait que le petit dernier de la flotte spatiale européenne se nomme France Star. Du Palais de l’Elysée, la Préfète Générale a fait savoir qu’elle voyait dans ce choix une réussite diplomatique de ses services qui « aidera au rayonnement de la francophonie ». Cet entousiasme ne doit pas faire oublier que d’autres noms, tels que « Europ Star », ont les faveurs d’autres chancelleries, d’autant que la compagnie ESL a fait savoir que le choix du nom n’était pas définitif... Reste à savoir, dans ces conditions, si cette « réussite de la diplomatie française » ne serait pas trop cher payée pour la France, auprès de Bruxelles.
Le « France », si on lui accorde pour le moment ce nom de baptême, réveille des souvenirs nostalgiques des grands voyages transatlantiques, de la fin du XIXe siècle et à la première moitié du XXe. Dans les années 1960, la France entière s’était enthousiasmée pour un magnifique paquebot portant le nom de « France ». Après une vingtaine d’années sous pavillon français, le luxueux navire fut victimes des crises énergétiques qui se succédèrent au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. Le « France » changea deux fois de propriétaire et fini par être démantelé en 2009, dans des chantiers indiens. Ce dernier épisode fut l’occasion d’une longue procédure liée à la délocalisation en Inde de ce démantèlement et des risques de pollution. L’Inde, à cette époque, faisait encore partie des pays en développement.
Origine FH : http://www.avenir.youvox.fr/Le-16-o...
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